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lors de la réunion du 10 janvier 2012

 

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pour la réunion du 28 février 2012

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Ouvrage 

Titre:
Syngué sabour
Auteur:
Rahimi (Atiq)
Edition:
Pol
Réunion du:
02.12.2008

Commentaire

rahimi

 

Une femme afghane soigne son mari blessé à la guerre. Le seul signe qu'il est encore vivant est sa respiration, et son souffle devient la mesure du temps. Face à ce corps sans réaction, elle se met à lui parler, à raconter ce qu'elle n'a jamais dit, ce qu'elle n'imaginait même pas pouvoir dire ou avoir à dire.

 

Cette parole qui vient d'on ne sait quelles profondeurs la déborde et la surprend elle-même. Elle frappe les lecteurs par son extrême violence, par le rejet radical qu'elle exprime de la religion, de la guerre, du sort fait aux femmes, par l'expression de plus en plus nue de la vérité. "C'est un coup de poing permanent".

 

C'est aussi une peinture fine et subtile. Est-on certain que l'homme n'entend plus et ne comprend plus ? Le soigne-t-elle vraiment ? Les activités de soin sont très présentes mais très machinales. Et en définitive les moments où elle parle ne sont pas si nombreux. Le maintient-elle en vie parce qu'elle n'a pas fini de lui parler, comme on parle à la pierre de patience ? La fin bascule dans l'irréel, dans l'onirique, la pierre explose.

 

Comment un homme peut-il ressentir et exprimer à ce point le grand cri de cette femme ? Les scènes avec les soldats sont presque moins violentes que l'expression verbale. L'histoire avec le plus jeune des soldats dont elle devient à la fois la mère, l'initiatrice et l'amante, sont de l'aveu même de l'auteur le seul moment d'amour vrai et de tendresse de sa vie. Les lecteurs ont aussi notées comme très belles les relations avec le beau-père et avec la tante, seul personnage optimiste. Les personnages forts du livre sont d'ailleurs des femmes. Alors que tout s'écroule autour d'elle – aux sens propre et figuré – la femme continue à vivre et à se prendre en charge. Sa détermination se révèle déjà dans l'extraordinaire histoire de la caille et du chat.

 

L'écriture est sobre, le style sec, fait de phrases courtes et de peu d'adjectifs. Dans un entretien à la radio Atiq Rahimi a fait état de son compagnonnage de plusieurs mois, à son arrivée en France, avec l'Amant de Marguerite Duras.  

Cette écriture donne à la chambre close et à ses habitants – humains, mouche et araignée – beaucoup de présence et de beauté plastique, de même qu'elle rend les personnages très présents malgré leur absence de nom.

 

Atiq Rahimi a écrit ce livre directement en français, contrairement à Terre et Cendres. Il aurait déclaré être moins prisonnier du français que de sa langue maternelle : "la langue maternelle est très dérangeante".

 

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Mise à jour le 20/01/2012