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Ouvrage 

Titre:
En un monde parfait
Auteur:
Kasischke (Laura)
Edition:
Bourgois
Réunion du:
11.01.2011

Commentaire

mondeparfait

ça commençait pourtant plutôt bien. Une jeune femme hôtesse de l'air, assez seule, épouse un commandant de bord, bel homme, veuf avec trois enfants. Mais ce faisant elle épouse aussi la vie de cette famille et là, les choses commencent à se gâter …

 

Quelques uns n'ont pas aimé du tout le livre, dissuadés par l'énormité des clichés ou par la spirale des événements, jugée peu crédible. Mais pour les autres, qu'ils se soient laissés prendre petit à petit ou qu'ils aient adhéré d'emblée, c'est une heureuse surprise. Des clichés il y en a effectivement, l'héroïne est une vraie poupée barbie, le mari est un beau commandant de bord, la belle-mère n'est pas une marâtre, l'homme idéal est un monstre, … Mais c'est justement ce travail sur le cliché qui est intéressant. Une fois la carte postale installée, l'auteur la cisaille à coups de scalpel, elle y va au vitriol, elle décape. Tout se déglingue, on entre dans un monde très noir où il n'y a plus de salut, plus d'issue. On entre ainsi dans le roman américain des pionniers, dans le retour à la  nature où pour survivre il faut savoir tuer des animaux.

 

Dans ce sens c'est une fable, une leçon sur la surconsommation, une très belle parabole sur notre monde actuel au bord du gouffre et sur l'extrême fragilité de notre société : "les Etats-Unis sans essence c'est un peu la fin du monde". Le roman met aussi en scène l'égoïsme ambiant. Les hommes abandonnent et ce sont les femmes, restées seules, qui vont assurer la survie et mettre le monde en marche. Bien que naïve et influençable, l'héroïne est là, elle reste, elle ne se fâche jamais, elle assure et devient le pilier de cette famille resserrée.

 

Le travail sur la construction temporelle est intéressant, même s'il peut déconcerter, même si on ne sait plus toujours où on en est. La fin en tout cas est comprise comme un nouveau départ, comme l'année zéro, symbolisée par une grossesse.

 

On pense à un polar, on pense à une œuvre de science-fiction, on pense à Autant en emporte le vent. Mais aussi à La carte et le territoire. Michel Houellebecq et Laura Kasischke, chacun à leur façon, parlent d'un monde qui bouge, de repères qui tombent et de la nécessité de réinventer quelque chose de nouveau.

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Mise à jour le 30/01/2026