Accueil Les livres commentés Détails - Boiter n'est pas pécher

Les derniers livres commentés

­L'homme qui lisait des livres – Rachid Benzine – Julliard
La sainte paix – André Marois – Héliotrope
Le pressentiment – Emmanuel Bove – Points

 lors de la rencontre du 23 juin 2026
   ... avis des lecteurs à suivre ...
 

Les prochaines lectures

Works – Vitaliano Trevisan – Verdier
     traduction Christophe Mileschi et Martin Rueff
Mater 2.10 – Hwang Sok-Yong – Picquier
     traduction Jean-Noël Juttet et Mikyung Choi
Les Grandes Oubliées – Titiou Lecoq – Collection Proche

pour le club de lecture du 22 septembre 2026




Tous les livres commentés

Ouvrage 

Titre:
Boiter n'est pas pécher
Auteur:
Israël (Lucien)
Edition:
Erès
Réunion du:
08.01.2013

Commentaire

boiternestpaspcher

 

Boiter n'est pas pécher est un recueil de cours (le "cours libre" de 1985-1986), de communications orales et d'écrits, considéré comme un classique de la psychanalyse. Sa lecture a suscité un débat passionnant entre les lecteurs, chacun ayant son approche de l'œuvre de Lucien Israël : certains ont entendu ses cours ou ses séminaires, d'autres l'ont lu en son temps ou découvert plus tard à leur arrivée dans la région, certains enfin ne l'avaient jamais lu.

 

A l'exception de l'un ou l'autre réfractaire à la thématique, la lecture de Boiter n'est pas pécher n'a pas laissé indifférent. C'est d'abord un plongeon dans une autre époque, celle où Lucien Israël était une grande figure de la psychiatrie et de la psychanalyse strasbourgeoises. Pour qui a entendu avec enthousiasme ses séminaires, c'est même une déception, car l'écrit ne restitue pas les grandes qualités d'orateur de Lucien Israël. Et parle-t-on encore de psychanalyse comme ça aujourd'hui ?

 

D'autres réserves encore portent sur le style, parfois péremptoire, parfois orné de quelques effets de manche. La difficulté des concepts est diversement appréciée : le livre est jugé tantôt difficile, tantôt extrêmement clair et compréhensible. Et même truculent parfois, lorsque Lucien Israël parle de "la gériatrie appelée à un beau développement" et de dessins d'enfant (page 97).

 

Mais plutôt qu'à ces questions, et même s'il n'est pas facile de parler de ce type d'ouvrage quand on n'est pas spécialiste, on s'attarde à l'intérêt du livre et aux éclairages qu'il apporte sur de nombreux concepts (l'exemple est cité de la levée du refoulement). Il est difficile d'être indifférent à ces questions, en atteste le mot d'une lectrice qui n'a pas relu le livre mais ses notes de lecture d'il y a quelques années : "c'est soi qu'on retrouve".

 

Et ce à quoi l'on s'attarde longuement, c'est au discours même de Lucien Israël. "C'est rafraichissant, anticonformiste, contestataire". A l'heure où on traite les gens d'hystérique à tort et à travers, Israël rappelle que l'hystérie est une tentative de révolte contre la domination masculine et contre l'ordre établi, et qu'il faut écouter ce qu'elle dit. Il tient un discours à la fois psychanalytique et politique, interpellant la normalité, luttant contre la normativité, dénonçant déjà le comportementalisme et les catalogues DSM qui étiquettent les gens par le symptôme. Pour lui il s'agit d'entendre le symptôme en tant que discours et d'être aux prises avec le désir. Il recherche et propose d'autres voies que celles du conformisme, dans une société qui demande de plus en plus d'être dans la normalité (il faut entretenir son capital santé, son capital professionnel, …). Ce n'est pas si souvent l'image donnée par la psychanalyse aujourd'hui, à quelques exceptions près, celle de la lutte menée par Roland Gori par exemple dans son Appel des appels.

Bannière
Copyright © 2026 120 Grand'Rue. Tous droits réservés.
Joomla! est un logiciel libre sous licence GNU/GPL.
 

Les actus

         Prix des lecteurs
             2025-2026
La Fin de l'homme rouge
    Svetlana Alexievitch
                  ---
     pour voir tous les prix
----------------------------- 

Mise à jour le 24/06/2026