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Ouvrage 

Titre:
By the rivers of Babylon
Auteur:
Miller (Kei)
Edition:
Zulma
Réunion du:
24.10.2017

Commentaire

bytheriversofbabylon

Un jeune garçon, Kaia, s'est fait tondre ses dreadlocks par un instituteur en colère. Sa grand'mère Ma Taffy sent que cet acte va déclencher un cataclysme, plus exactement un autoclapse. Elle tente d'en retarder la survenue en racontant des histoires.

 

On est en Jamaïque, dans le milieu des rastafaris. On est aussi en pleine littérature, une littérature ancrée dans un pays et dans ses codes, à la limite de la réalité. La dimension onirique est en effet très présente – "on échappe, on décolle" – comme le pasteur qui vole ou Gina dont le corps disparait dans les airs. D'entrée l'auteur nous prend par la main pour nous faire survoler la zone géographique. Les histoires que raconte Ma Taffy sont une seule et même histoire, celle des croyances et de la philosophie de vie des rastas, dans lequel l'auteur prend en compte l'accumulation des couches historiques et religieuses.

 

Même quand on a un peu de mal avec le non rationnel, le roman séduit d'abord par son côté onirique et poétique. On découvre un univers peu connu, celui des rastafaris de Jamaïque. Le récit rend bien le ressenti des personnages et l'état d'esprit dans ce milieu marginalisé. C'est une population plutôt pauvre qui a subi le fait colonial, mais elle n'est pas dans la plainte, elle fait preuve au contraire de cohésion et de vitalité. Au-delà de l'intérêt qu'on éprouve à les découvrir, on est profondément touché par la poésie de ces vies, toujours sur le fil entre réalité et imaginaire.

 

Les personnages sont tous très attachants, la mère, l'enfant, et même l'instituteur pourtant à l'origine de la catastrophe. Se détache celui de Ma Taffy, qui représente l'autorité, qui est la "sage", celle qui, malgré sa vue quasi perdue, sait ce qui se passe autour d'elle et sent venir les événements. L'introduction de la langue créole a pu dérouter l'un ou l'autre lecteur, elle est pour d'autres un supplément de poésie et contribue à créer cette atmosphère si particulière, où il est question d'autoclapse, de la tite-marmaye ou du tan-lontan.

 

On peut regretter, peut-être, que la construction donne un peu tardivement sens à la langue et convergence aux éléments du récit.

Cela n'empêche pas l'unanimité de se faire sur ce roman : "c'est une belle découverte".

 

Est cité le roman de James Marlon, "Brève histoire de sept meurtres", paru en français l'année dernière, récit se déroulant des années 70 à nos jours, en Jamaïque et aux États-Unis.

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