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Ouvrage 

Titre:
Un arbre en mai
Auteur:
Bailly (Jean-Christophe)
Edition:
Seuil
Réunion du:
03.04.2018

Commentaire

un-arbre-en-mai

Jean-Christophe Bailly est né à Paris en 1949. Son premier livre, La légende dispersée, une anthologie du romantisme allemand, paraît en 1978. Il a publié une vingtaine de livres. Cet écrivain se réclame aujourd’hui encore du romantisme allemand. Il cite volontiers le poète allemand Novalis : "Nous vivons dans un roman colossal, en grand et en petit."

 

Janvier 2018, en avance sur le raz-de-marée éditorial que nous connaissons depuis sur le sujet et qui nous entraîne fiévreusement vers tous les témoignages et études savantes qui peuvent paraître sur mai 68, Jean-Christophe Bailly nous propose un retour rafraîchissant sur une expérience de jeunesse qui nous devient immédiatement sensible, surtout quand on a connu mai 68. Il revient, sans effusion, mais avec la douce musique de ses mots, aux étonnantes prémices de ce grand chamboulement.

 

Un arbre en mai attire d'abord par son titre, qui est une promesse de joie et de fécondité. On peut apprécier ensuite que l’auteur n’ait pas retouché un texte écrit en 2004, quand il a eu l’impression que l’arbre planté en 68 était mort ; ce peut être un gage d’authenticité et de fraîcheur. Enfin, on se laisse séduire par la poésie un peu mélancolique qui se dégage de cet écrit, journal intime, récit, fiction réaliste, un peu tout cela, à la frontière des genres, au-delà des genres. Enchaînant bribes de souvenirs et traces d'événements vécus, l'auteur reconstitue l'époque par petites touches, avec délicatesse. Son récit nous rappelle le règne de l'enthousiasme éphémère et des prises de conscience fugitives de toutes celles et ceux qui assistaient à l’Histoire en train de s’écrire, balbutiant ses idéaux sincères. Il n'y a pas trop de bruits de grenade malgré les barricades. Il se dégage du récit une mélancolie légère, une nostalgie douce de ce que fut mai 68 : la jeunesse, la spontanéité, l'énergie un peu naïve des étudiants, l'espoir. L'incertitude aussi, le fait que la vague a dépassé beaucoup de monde, y compris ses principaux acteurs.

 

D'aucuns notent que si l'écriture est belle, elle est parfois irrégulière. Tantôt poétique, tantôt au service d'un raisonnement personnel, pas toujours limpide, un peu pédante parfois notamment quand l'auteur se targue d'écrire avant les autres. Mais peut-être cela doit-il refléter "l'agitation moléculaire" qu'évoque Jean-Christophe Bailly.

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