Accueil Les livres commentés Détails - L'homme qui lisait des livres

Les derniers livres commentés

­L'homme qui lisait des livres – Rachid Benzine – Julliard
La sainte paix – André Marois – 10/18
Le pressentiment – Emmanuel Bove – Points

 lors de la rencontre du 23 juin 2026

 

Les prochaines lectures

Works – Vitaliano Trevisan – Verdier
     traduction Christophe Mileschi et Martin Rueff
Mater 2.10 – Hwang Sok-Yong – Picquier
     traduction Jean-Noël Juttet et Mikyung Choi
Les Grandes Oubliées – Titiou Lecoq – Collection Proche

pour le club de lecture du 22 septembre 2026




Tous les livres commentés

Ouvrage 

Titre:
L'homme qui lisait des livres
Auteur:
Benzine (Rachid)
Edition:
Julliard
Réunion du:
23.06.2026

Commentaire

l-homme-qui-lisait-des-livres 

Rachid Benzine, né en 1971 au Maroc, est un islamologue, politologue et enseignant franco-marocain. Il est également romancier et dramaturge.

 

Le livre débute par "une journée ordinaire. Hier deux frappes ont tué quatre gamins dont le seul crime avait été de jouer au foot sur la plage." Julien, le journaliste photographe, décrit le quotidien de Gaza et sa rencontre avec Nabil, l'homme qui lisait des livres. Nabil : "Tu n'es plus un simple lecteur. Tu es devenu un porteur de savoir, continue à transmettre." Julien revient à Gaza en février 2025, il constate que le passionné de lecture et l'écrivain de l'ordinaire ne sont plus là pour témoigner.

 

-       "Un grand livre humaniste, poétique, une ode à la lecture."

-       "Le livre est tout à fait remarquable de par la qualité de l'écriture, la grande humanité dont fait preuve ce libraire installé en Palestine, Gaza subissant des attaques guerrières tout au long de son histoire.
Notre héros amoureux des livres et qui en prête aisément à tous ceux qui viennent à sa rencontre, dont notre photographe, est amené à raconter sa vie bien difficile en Palestine. Il narre son enfance, les bonheurs de vivre en famille, de faire des études, mais aussi des moments de grand précarité, d'exil, de guerre, de perte de vies chères.

Cet homme qui aspire profondément à la paix raconte que ses parents étaient de religions différentes et il lui arrivait de prier les deux Dieux. Ce sont de belles réflexions sur son aspiration à la paix, hélas impossible (p108). L'attachement à ses parents est émouvant (p111).

Il fait largement apparaitre tout ce que la lecture lui a apporté tout au long de sa vie : en prison pendant 20 ans il estime que par la lecture, il a éveillé sa conscience dans la solitude ; il a acquis ainsi une vaste culture littéraire et une compréhension du monde et de l'humanité (p110)."

-       "N`y a-t-il pas derrière tout regard une histoire ? Celle d'une vie. Celle de tout un peuple parfois." C'est ce que répond Nabil Al Jaber, le vieil homme assis devant sa boutique remplie de livres, à Julien Desmanges, un jeune photographe français qui se rend en Palestine pour couvrir les bombardements dans la bande de Gaza.

Les chapitres du récit de Nabil sont ponctués par les titres des livres qui ont jalonné son parcours de vie : depuis la nakba, les exodes, les camps de réfugiés, les intifada. . . Le libraire raconte le destin d'un homme qui traverse des évènements dramatiques (mort de son fils, de son père, de sa femme). Il finit par s'adonner complètement au silence de la lecture, assis jour après jour, pour ne pas "ajouter de malheurs au monde" en faisant également partager aux autres sa passion pour les livres. Le titre semble faire écho à "L'homme qui plantait des arbres" de Jean Giono. C'est une sorte de fable contemporaine sur le pouvoir des livres qui sont un refuge face à la tragédie d'un peuple, la mémoire meurtrie de celui-ci, la manière dont marche le monde … à travers le cours de sa vie avec ses malheurs, ses bonheurs aussi (amitiés, culture, études). Il nous laisse un regain d`humanisme.

L'histoire est inspirée de celle de Mohamed Aziz, libraire à Rabat. Autodidacte passionné, il apprendra plusieurs langues et lira des milliers d'ouvrages, convaincu qu'à travers eux, il est possible de vivre des milliers de vies.

Ce livre fait un récit apaisé, équilibré, avec une belle écriture sans idéologie et sans haine, d'une histoire qu'il a su traverser malgré les vicissitudes du conflit, les conditions de vie difficiles, les drames où les livres semblent être des bouées de sauvetage, des poches de résistance des havres de paix pour échapper au monde …

N'est-il pas un peu trop doux dans le ton ? Il a fait le choix de s'extraire de la politique."

-       "Je suis plus nuancée. On est dans une intention littéraire, et dans la description de la vie quotidienne, en opposition au sensationnel de la presse. Quelque chose m'a manqué petit à petit dans le récit : le style assez doux mène à des généralités, des poncifs. La citation de grands livres, la figure du libraire montrent une haine transcendée par la culture. Mais il reste de la haine. La question reste ouverte."

-       "C'est un peu démonstratif. La très bonne pédagogie m'a incitée à rechercher des choses, m'a aidée à approfondir. Mais j'ai trouvé meilleur un précédent livre de Rachid Benzine "Les silences des pères". Là ça me paraît un peu artificiel."

-       "Je l’ai lu lors de sa parution et je l’ai relu avec grand plaisir. C’est un peu le conte "les mille et une nuit" qui voyage dans la littérature. On revisite des livres qui ont marqué mon parcours de lectrice. Bien sûr il y a la guerre, mais il nous dit aussi que quoi qu’il se passe les livres peuvent nous aider à comprendre et à mettre en perspective les événements à toutes les époques."

-       "Cette histoire se lit comme un poème. Je me suis laissée porter par le texte et j'ai suivi le parcours de l'homme qui lisait des livres à travers les yeux du photographe jusqu'au point final de cette histoire terrible. La réalité de ce qui se passe à Gaza n'est pas une fiction et l'auteur à travers les livres qui racontent des histoires essaie d'en atténuer l'horreur et la barbarie."

-       "J'ai été assez déçue. A mon goût ce n'est pas très bien écrit. Quant au fond j'ai l'impression de l'avoir déjà lu, de rencontrer des lieux communs, des clichés, des facilités, notamment sur le pouvoir de la culture. Le statut du texte est imprécis – fable, récit, témoignage, … ? – en tout cas je n'ai pas réussi à m'y intéresser vraiment."

-       "C'est le terme d'obstination qui me vient, à rester sur ces récits, c'est quelque chose de troublant. On parle plus facilement des horreurs de la guerre que de ce qui va bien. J'ai cependant beaucoup aimé ce livre."

-       "On ressent une vraie émotion, une vraie colère dans d'autres livres de Rachid Benzine, davantage que dans celui-ci."

Bannière
Copyright © 2026 120 Grand'Rue. Tous droits réservés.
Joomla! est un logiciel libre sous licence GNU/GPL.
 

Les actus

         Prix des lecteurs
             2025-2026
La Fin de l'homme rouge
    Svetlana Alexievitch
                  ---
     pour voir tous les prix
----------------------------- 

Mise à jour le 20/07/2026