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Ouvrage 

Titre:
La tranquillité
Auteur:
Bartis (Attila)
Edition:
Actes Sud
Réunion du:
29.05.2007

Commentaire

bartis

Attila Bartis est un photographe et nouvelliste hongrois né en 1968. La Tranquillité a obtenu en 2001 le prix Sandor Marai et a été largement salué par la critique, y compris au-delà des frontières hongroises. C'est son premier livre traduit en français.

 

Le narrateur de "La Tranquillité" vit avec sa mère après le départ de sa sœur jumelle, violoniste, qui est passée à l'Ouest dans les années 70. Le régime fait payer ce départ à la mère en mettant un terme à sa carrière d'actrice. Elle en devient folle au point d'enterrer symboliquement sa fille et de ne plus sortir de l'appartement pendant quinze ans. Elle écrit à sa fille des lettres que son fils n'envoie pas et auxquelles il répond à la place de sa sœur, faisant poster ces lettres de divers endroits de la planète par ses connaissances, jeu de dupes qui lui réservera plus tard des surprises.

 

Le climat entier du roman est d'une grande violence, au point de décourager certains lecteurs. La plupart des autres ont apprécié l'écriture qui rend admirablement l'enfermement des personnages dans leur vie, dans leurs relations aux autres et dans l'oppression du système politique. La relation de la mère au fils est particulièrement pesante, tellement subie par le fils qu'on est tenté de croire qu'elle est aussi acceptée. Le huis clos oppressant se traduit dans des expressions obsédantes qui finissent par devenir un seul mot : "Oùétaistumonfils ?" "Javaisàfairemamère.".

 

Le narrateur tente d'échapper à son sort par l'écriture, par le récit sans fard et sans nuances de ce qu'il vit. Son expression est aussi libre que sa vie ne l'est pas. Quelque chose se passe finalement lors de sa rencontre avec Eszter pour qui il ressent, peut-être pour la première fois, quelque chose qui pourrait être de l'amour. De ses entraves qui se défont surgit une violence qui va l'étonner lui-même et le déborder.

 

C'est un livre sans concession, courageux par là même, dont l'humour n'est pas absent pour autant, qui appartient à une littérature forte nourrie de son contexte politique.

 

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Mise à jour le 20/01/2012