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Ouvrage 

Titre:
La pluie jaune
Auteur:
Llamazares (Julio)
Edition:
Verdier
Réunion du:
25.06.2013

Commentaire

lapluiejaune

Un groupe d'hommes se rend dans un village perdu au fin fond de la montagne, chercher le corps du dernier habitant qui vient de décéder. C'est à travers l'histoire et le regard de cet homme que l'auteur fait le récit de l'extinction d'un village, allégorie de la fin d'un monde, la fin du monde rural dans une région d'Espagne.

 

L'écriture rend de façon déchirante l'abandon progressif du village, et l'incompréhension de son dernier habitant face aux départs de ses voisins et surtout de ses enfants qui ne reviendront jamais. Lui, il ne peut pas partir, il ne peut pas quitter ce lieu où les familles sont installées depuis des siècles, il ne peut pas briser le lien avec la nature. La montagne devient son cocon. C'est son milieu à lui, il ne comprend pas que tout s'écroule autour de lui et ne peut pas pardonner les désertions successives.

 

Impressionnés par ce texte fort, les lecteurs le sont tous mais de diverses façons. Certains jugent l'écriture extrêmement rêche ou l'ambiance trop mortifère. "On ne peut pas vivre avec un livre comme ça à la maison" a pu entendre l'un d'entre eux dans la bouche d'un ami. Mais la plupart admirent le brio avec lequel l'écriture rend compte de l'extinction progressive du village, et du choix du dernier habitant de rester là, dans son milieu à lui. C'est d'autant plus admirable qu'au fond il ne se passe rien ou si peu dans ce lent dépérissement. "Les descriptions sont extraordinaires, chaque mot est juste, on voit absolument tout, les nuages, les lézardes dans les murs".

 

On peut mesurer de visu l'ampleur de l'abandon car cela se visite. Les ruines sont toujours là et des circuits de randonnée refont le trajet du groupe d'hommes qui a cherché le corps du dernier habitant. Il n'y a plus dans toute la région que des villages abandonnés, des maisons y sont encore fermées à clef, même quand y poussent les orties et que tombent les toits. C'est une véritable image de mort, mort d'un monde qui a été en définitive très rapide. On ne peut s'empêcher de penser à toutes ces villes construites trop vite en Espagne, elles aussi inhabitées, mais ce n'est évidemment pas comparable, personne n'y ayant jamais vécu.

 

Sont cités, dans la tradition de la montagne qui rend fou, L'Auberge de Maupassant et La grande peur dans la montagne de Ramuz.

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Mise à jour le 24/06/2026