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Ouvrage 

Titre:
Un roi sans divertissement
Auteur:
Giono (Jean)
Edition:
Gallimard
Réunion du:
08.01.2019

Commentaire

unroisansdivertissement

Est-il nécessaire de présenter Jean Giono ? Rappelons tout de même qu'il a vécu de 1895 à 1970 et qu'il a écrit des romans et des nouvelles se déroulant essentiellement en Provence, ce qui l'a désigné parfois comme écrivain provençal. Il s'est également intéressé très tôt au cinéma. Des prises de position ambiguës lui ont valu d’être censuré pendant un temps après la deuxième guerre mondiale.

 

"Un roi sans divertissement" raconte l'histoire de Langlois, d'abord capitaine de gendarmerie chargé d'élucider de mystérieuses disparitions, puis revenant dans le même village en tant que commandant de louveterie. Le propos du livre est de montrer comment l'ennui peut amener au mal, à la fascination pour le mal. Sa particularité est de faire faire le récit par des narrateurs multiples.

 

Le livre a été proposé par une lectrice perplexe, qui souhaitait avoir d'autres avis sur cette lecture : "Les deux premières parties – la chasse à l'homme et la chasse au loup – sont absolument magnifiques. Les descriptions de la nature, des gens, de la vie, sont fascinantes. On peut citer les caves voûtées des écuries, le caractère du cheval de Langlois, l'obsédant fond de Chalamont où le loup est traqué, … Puis l'intérêt retombe, s'affaiblit, on comprend moins bien la nature des relations entre les protagonistes, par exemple Saucisse, lors de la fête chez les Tim, qui se répète à elle-même "Tu peux courir !" sans qu'il soit aisé de comprendre ce qu'elle pense."

 

Il y a eu quelques lecteurs pour partager le même sentiment d'une rupture d'intérêt au milieu du livre, et d'une difficulté à suivre les personnages, par exemple on n'identifie pas forcément immédiatement la brodeuse. Peut-être est-ce le changement de narrateur et d'époque qui déstabilise ? Dans l'ensemble pourtant les lecteurs ont été contents de (re)découvrir le livre. Le récit choral autour du personnage de Langlois est très intéressant, les choses ne sont pas explicitées, on ne sait de lui que ce que les gens disent de lui. La fête chez les Tim fait partie de la recherche du divertissement, ainsi que la chasse au loup et le mariage, après quoi il n'y a plus rien, ce que Langlois ne peut supporter. Langlois qui a projeté sa recherche du divertissement dans celle du tueur, et dont la fin, spectaculaire, est assez remarquable. Et bien sûr, il a le style, magnifique, et la poésie, le brouillard mesuré à hauteur de clocher …

 

Mais il y a eu aussi des lecteurs moins convaincus qui, tout en y trouvant un certain intérêt – la position d'étranger au village de Langlois, la description de la chasse au loup – n'ont pas trop apprécié. "Le personnage de Langlois ne m'a pas intéressé ; le daguerréotype du mari d'Anselmie est un anachronisme". Ou encore "L'écriture est pénible, je n'aime pas que le narrateur interpelle le lecteur, et les descriptions bucoliques de Giono ne passent pas". Est cité parmi les romans situés dans des régions montagneuses "La séparation des races" de Charles-Ferdinand Ramuz.

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Mise à jour le 31/01/2019