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Commentaire
Vitaliano Trevisan, né en 1960 et mort en 2022, est un écrivain, acteur, dramaturge, metteur en scène, librettiste, scénariste et essayiste italien. Il s'est fait connaître par "Les quinze mille pas", texte qui a été primé et a été élu livre de l'année en 2006-2007 par le club de lecture. Works a été publié en Italie en 2016.
L'auteur y décrit tous les petits boulots qu'il a exercés, d'où le titre, qui peut se référer aussi à ses travaux d'écriture, dans une autobiographie professionnelle qui est aussi une autobiographie tout court, avec ses errances, ses amours, ses choix. Il décrit également la vie en Vénétie dans les années 70 à 90, c'est-à-dire le contexte professionnel, social et politique. Il pose un regard sans concessions sur le monde politique (la démocratie chrétienne) et sur la modernité.
- "J'ai beaucoup aimé ce livre, séduite avant tout par l'écriture, remarquable (Trevisan dit être influencé par Thomas Bernhard), mais aussi par le grand art de la narration, et le regard acéré, d'une grande précision, sur le monde dans lequel il évolue, notamment professionnel. Il décrit les situations et les personnages avec une grande finesse. De plus je trouve le personnage très attachant, certes critique, certes obsessionnel, mais aussi assez bienveillant et assez mélancolique." - "Le titre peut être interprété différemment suivant la traduction de Works : Travail/Travaux ou Œuvre artistique, le livre étant présenté comme son testament littéraire. L'auteur évoque sa pérégrination dans un monde du travail précaire, le plus souvent non déclaré. Il a été marqué à l'adolescence par deux phrases prononcées par son père liées à son désir de s'acheter un vélo avec une barre : il n'y a pas de sous et son corollaire, il est temps de comprendre d'où ça vient. Il débute par un emploi dans un atelier d'impression de tôles puis par sa dépendance à la drogue consommateur et dealer par alternance. Je n'ai pas saisi l'intérêt de ce texte qui reprend les différentes expériences banales de l'auteur dans le monde du travail, de son errance en Allemagne et de sa vie en Italie dans une région particulièrement dynamique, pour finalement revenir où tout a commencé dans cet avorton de ville qui reflète de manière exemplaire, ce qu'on appelle la révolution industrielle, et a investi notre pays (page 697). C'est une autobiographie désabusée sur sa vie, sur sa réussite littéraire, sur son activité de scénariste après un intérêt pour le design, l'architecture, et un diplôme de géomètre. Le travail de nuit lui permet d'écrire deux livres, puis un troisième qui reçoit un certain succès et lui permet ainsi l'ouverture vers le cinéma et l'écriture de scénarios. Et il conclut sur la vie et la mort d'une usine et sur la vacuité d'une vie centrée sur le travail ..."
- "Ce livre a résonné avec mon expérience professionnelle, car j'ai moi aussi exercé pas mal de métiers. Les observations sur le monde du travail sont très justes, la valeur du travail est abordée aussi. Il y a de très belles pages sur la solidarité ouvrière. J'ai plutôt apprécié, même si c'est un peu long. C'est intéressant, l'auteur commence et revient au même endroit. Il décrit aussi comment les entreprises ont laissé leur marque, quand elles disparaissent. On peut faire un parallèle avec le livre "Mater 2.10" de Hwang Sok-Yong, ce sont deux approches différentes du travail." - "J'ai d'abord beaucoup apprécié puis un peu moins, la lecture m'est devenue pénible mais ensuite ça reprend. Quand il est cordonnier c'est génial. A chaque fois, à chaque nouveau travail, il est d'une grande pertinence. Il fait preuve d'une grande sensibilité par rapport à tous les personnages qu'il rencontre." - "Je ne l'ai pas encore terminé, au bout de 300 à 400 pages cela devient répétitif. Mais je l'ai repris et je le finirai. Le style est très agréable, c'est un plaisir de lecture. On peut faire des pauses. Mais il n'y a pas beaucoup de considérations politiques." - "A mon avis il y en a, mais peut-être pas de façon assez explicite. Il décrit bien la société italienne de la démocratie chrétienne, et la chape politique et sociale est présente. J'ai bien aimé la tension entre l'honnêteté du projet, contre une hypocrisie sociale, et le portrait du monde de l'entre soi." - "Il a un respect des différentes formes de travail, le travail de bureau et celui de manœuvre, et une sympathie du côté manuel. Il ne tombe pas dans une fascination pour le travail de bureau." - "Il a une recherche de la pertinence de l'écriture. Il garde une distance par rapport à lui-même et maintient l'éthique du projet." - "Je ne l'ai pas lu mais ce que j'entends me donne envie de le lire. Vous parlez d'un homme qui a de l'humour sur la métaphore de l'aliénation au travail. J'entends de l'amour dans cette lecture, un auteur qui fait vivre au lecteur ce qu'il vit. C'est une litanie mais dans une écriture magistrale. J'ai lu un article qui évoquait Bartleby, mais c'est apparemment plus vivant." - "C'est une lecture agréable, je n'ai pas fini, mais je vais peut-être sauter quelques pages …" - "Je ne l'ai pas encore terminé, je procède par univers, par exemple la situation avec ses parents et son diplôme de géomètre. C'est très dense et très vrai, notamment dans les relations entre les ouvriers et les rapports avec les patrons. Il peut s'en extraire et donc nous en parler." EventList powered by schlu.net Copyright © 2026 120 Grand'Rue. Tous droits réservés.
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