Accueil Les livres commentés Détails - Les Etoiles s'éteignent à l'aube

Les derniers livres commentés

La tresse – Laetitia Colombani – Grasset
Poésie du gérondif – Jean-Pierre Minaudier – Le Tripode
L'avancée de la nuit – Jakuta Alikavazovic – L'olivier

lors de la réunion du 5 décembre 2017

    ... avis des lecteurs à suivre ...


 

Les prochaines lectures

Eloge du carburateur – Matthew B. Crawford – La découverte
     traduction Marc Saint-Upéry
Alma – J.M.G. Le Clézio – Gallimard
Soleil – Yokomitsu Riichi – Anacharsis
     traduction Benoît Grévin

pour la réunion du 23 janvier 2018

Tous les livres commentés

Ouvrage 

Titre:
Les Etoiles s'éteignent à l'aube
Auteur:
Wagamese (Richard)
Edition:
Zoé
Réunion du:
05.09.2017

Commentaire

lesetoilesseteignentalaube

Richard Wagamese, né en 1955 en Ontario, est l’un des principaux écrivains indigènes canadiens. Journaliste et producteur pour la radio et la télévision, il est l’auteur de treize livres. Il appartient à la nation amérindienne ojibwé, originaire du nord-ouest de l’Ontario, et est devenu en 1991 le premier indigène canadien à voir ses travaux journalistiques et littéraires récompensés par des prix.

 

Richard Wagamese situe son roman dans les grands espaces encore vierges de la Colombie Britannique (4,6 millions d'habitants pour une superficie de 944 735 km2), dans une nature très sauvage où la vie animale est restée préservée. Franklin Starlight est un jeune indien élevé par un vieil homme qui lui a appris à vivre en totale harmonie avec la nature, grâce à un rude apprentissage : à six ans Franklin se servait d'un fusil, à neuf ans il partait seul à cheval dans la campagne pour plusieurs jours. Il a tout juste seize ans quand son père alcoolique, voyant arriver la mort, lui demande de l'emmener dans la montagne et de l'enterrer face à l'Est comme un guerrier.

 

Malgré leurs mauvais rapports, rares et difficiles, le garçon accède à la demande de son père. Dans ce voyage, tout repose sur lui : il doit s'occuper de son père malade et du cheval qui le porte (le père ne peut plus marcher), pourvoir à la nourriture, trouver les abris pour la nuit, faire le feu, et même se défendre d'un ours. C'est lui qui sait tout de la nature alors que son père est complètement acculturé.

 

Au fil des jours, le père raconte sa vie en trois grands épisodes : sa jeunesse, la guerre de Corée à laquelle il a pris part, son histoire avec la mère de Franklin. Il a eu parfois des comportements peu glorieux mais son récit l'humanise et c'est ainsi que le fils découvre peu à peu ce qui lui manquait de son histoire et de ses origines. Ce voyage initiatique est celui de la réconciliation et de l'identité retrouvées. Des relations apaisées s'installent, la reconnaissance de l’autre finit par trouver sa place. Ils sont tous deux des taiseux, leurs échanges sont rugueux et pourtant pleins d'humanité. La tendresse affleure plus, d'ailleurs, dans les gestes que dans les mots. Le garçon s'occupe de son père, qui l'a tout de même plutôt malmené, d'une façon quasi paternelle. Capable de dire les choses sans détours, il règle ses comptes mais sans agressivité.

 

Aucun bémol dans l'appréciation des lecteurs. "On a envie de lire vite, et physiquement il y a un frein, le texte est tellement beau, l'économie de mots ralentit le rythme, elle évite aussi le pathos, elle universalise les personnages en les désincarnant un peu." Ou encore : "C'est très beau, mes mots sont pâles pour parler de ce livre." C'est en effet avec une très belle écriture que l'auteur livre de magnifiques descriptions de l'harmonie avec la nature. Ainsi que des pages incroyables sur l'absence du père parti à la guerre, sur la destruction des hommes par la guerre. Plusieurs lecteurs ont relu le roman avec le même intérêt. "On peut relire car il y a beaucoup de choses souterraines".

 

Les autres personnages sont tout aussi attachants que les deux principaux protagonistes. Celui du vieil homme est magnifique dans son rôle de père qui laisse pourtant sa place au père biologique. C'est lui, un homme blanc, qui apprend à Franklin à devenir un vrai Indien, et qui lui donne ainsi le meilleur héritage. La mère est absente et pourtant c'est un personnage central, elle est le lien entre le vieil homme, le père et l'enfant. Et comme on est heureux, avec les voyageurs, de rencontrer cette vieille femme qui vit seule dans une cabane et qui détient les remèdes qu'il faut.

 

Le thème de l'identité des Indiens, dont l'histoire est souvent terrifiante, est évidemment central. On voit ce que donne l'acculturation imposée dans la vie du père et de ses amis : la précarité et la dureté du travail (les hommes se rassemblent le matin en espérant se louer à la journée ou à la tâche), l'alcool, le racisme. C'est paradoxalement le garçon qui retrouve quelque chose de l'indianité et du rapport quasi magique à la nature. Dans un autre de ses livres, Jeu blanc, Richard Wagamese parle des adoptions forcées et des contraintes pour éliminer chez les enfants toute marque d'indianité. De nombreux aspects de ses livres ont un caractère autobiographique.

 

D'autres livres traitant du problème indien sont cités, c'est le cas notamment de Dalva de Jim Harrison et Little Bird de Craig Johnson.

Bannière
Copyright © 2017 120 Grand'Rue. Tous droits réservés.
Joomla! est un logiciel libre sous licence GNU/GPL.
 

Les actus

Lectures Victor Hugo
    victorhugo
avec à la batterie
Thomas Laedlein-Greilsammer
le 14 novembre 2017
------------------------------
Mise à jour le 06/12/2018