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Ouvrage 

Titre:
Love Supreme
Auteur:
Cadiot (Olivier)
Edition:
Pol
Réunion du:
05.05.2026

Commentaire

love-supreme 

Olivier Cadiot, né en 1956 à Paris, est écrivain, poète, dramaturge et traducteur. Il est considéré comme une figure emblématique de la poésie contemporaine. Il a – entre autres – participé à La Nouvelle Traduction de la Bible publiée en 2001, été plusieurs fois adapté au théâtre, et collabore régulièrement avec des musiciens, comme Georges Aperghis ou Rodolphe Burger.

 

Love Supreme raconte le désir d'un personnage d'aménager un jardin collectif sur le toit d'un immeuble, ainsi que son désir de trouver "la consistance de l'être aimé" et de régler "la question solitude". C'est l'occasion d'une galerie de portraits archétypaux des habitants de l'immeuble : un ancien militaire, une psychanalyste revêche, une éternelle comédienne, un pianiste richissime qui veut rajouter des étages pour faire entrer plus l'argent, … Dans ce cadre Olivier Cadiot aborde tout, personnages et situations, de façon poétique, et joue avec des intertextes.

 

-       "Le texte est à la fois cérébral et organique, il nous fait prendre de la hauteur dans notre lecture. Il parle de liberté, celle du narrateur qui fait sécession avec le groupe. C'est une lecture très réjouissante. La construction est très ludique, l'auteur joue avec nous, et les personnages sont magnifiques. Ainsi que de nombreuses citations, par exemple "Faire c'est irrationnel". Olivier Cadiot dit que la littérature offrant matière à penser, il s'autorise de pillages et de collages. J'ai entendu la lecture du texte qu'ont fait l'auteur et Mathieu Amalric à la Maison de la Poésie, on peut la retrouver sur YouTube."

-       "On peut trouver aussi une recension très bien faite le 14 avril sur le site "En attendant Nadeau". Pour ma part j'ai trouvé ce texte trop cérébral, trop fabriqué. Il n'y a pas de vie affective, pas de sensibilité, c'est très déstructuré. Cela ne m'a pas touchée et je n'y ai pas trouvé de plaisir de lecture. Je ne comprends pas le titre."

-       "J'ai beaucoup aimé cette construction mentale extravagante, complètement loufoque, ce côté irréaliste, ce rêve d'une société, cette poétique de l'espace.

La lecture de l'espace est rendue étrange et irrationnelle, poétique et atypique voire absurde : effets spatiaux, particularités, pièces, couloirs, recoins, insertions d'autres architectures, … Il est impossible de l'appréhender, on s'y perd …

Olivier Cadiot joue en permanence entre réel et imaginaire. Il caresse l'utopie de sortir des sentiers battus de l'habitat avec des appartements séparés, avec l'idée de construire collectivement une douce utopie de micro-société présentée comme réalisable. Est-ce pour régler "la question solitude" posée au début du livre ? Le narrateur recherche la "consistance de l'être aimé" qui n'aboutit qu'à la fin. Le projet semble pouvoir être créé facilement au fur et à mesure que naissent les idées et où les difficultés semblent être résolues sans problème (exemple des tonnes de terreau à hisser en partie supérieure). C'est aussi un théâtre vertical où vit une micro-société formée par l'ensemble des locataires : un docteur, un vieux lord, un colonel, un menuisier, un milliardaire "agresseur", une psychanalyste, une comédienne, un philosophe-alpiniste ou encore un pianiste... outre la gardienne Anita. Ils composent une galerie de personnages plaisants voire truculents qui manifestement ne travaillent pas. Il s'agit d'une joyeuse société coopérative hétéroclite. Celle-ci se livre parfois à des discussions politiques sans queue ni tête tout en se goinfrant de plats très élaborés dégustés en gourmets. S'y jouent aussi les répétitions d'une pièce de théâtre de "La Mouette" de Tchekhov.

Roman déjanté, plein de fantaisie où souffle un vent de liberté et d'utopie qui croise parfois celle de grands modèles, tels les jardins suspendus, les cités-jardins du XIXème siècle mais à la verticale, ou encore de formes urbaines plus récente d'architectes tel MVRDV, intégrant la nature en partie supérieure notamment. Il y a cette volonté par le biais d'une fable écologique que la ville renoue avec la nature, avec une idée de l'homme plus en prise avec son environnement, plus en contact avec ceux qui l'entourent (le fameux "lien social", le "vivre ensemble").

Stylistiquement : proche de l'ébauche dans l'écriture, avec une succession de bribes, par moment proche du script. Il n'y pas le fil de phrases en continu pour former un bloc texte : une idée = une phrase courte, souvent tronquée comme une annotation, un mot, un élément de dialogue, sur une ligne et retour à la ligne suivante.

Lien avec le morceau de Coltrane : sorte de déclaration musicale qui portait une vision spirituelle, universelle, dans laquelle "tous les chemins mènent à Dieu". Il voulait partager cette philosophie avec un public de plus en plus large. Peut-être voyait-il dans le langage universel de la musique un moyen de transmettre cette idée."

-       "J'ai beaucoup aimé ce livre, on y rencontre des gens qu'on n'aurait pas imaginés, c'est plein de surprises. L'imagination a pris le dessus, c'est très surprenant. Quand on habite un appartement dans un immeuble, on peut s'amuser à transposer …"

-       "Je souscris à ce qui a été dit quant à la poésie, l'imagination, la fantaisie, qui n'empêchent pas l'auteur de retomber sur ses pieds. Ça m'a beaucoup plu. J'ai vu des pièces de théâtre d'Olivier Cadiot, on y retrouve son univers."

-       "C'est très rafraîchissant, c'est une respiration, un bol d'air dans l'ambiance générale. Une belle tentative d'échapper à un réel sans relief et sans intérêt. C'est magnifique, la vie dans l'immeuble, les personnages, les situations, le délire qui atteint tout. La langue fourmille de belles trouvailles, comme "la consistance de l'être aimé" ou encore "Il n'existe pas de guérison sauf à vivre." La poésie est très présente. Dans une interview, Olivier Cadiot dit utiliser les retours à la ligne pour accentuer la forme poésie de son texte."

-       "J'ai réussi à lire non en continu, mais en piochant des paragraphes. Cette recherche du paradis, avec le plaisir et la musique est assez drôle, assez légère."

-       "Je ne sais pas si c'est vraiment loufoque, il y a ambiguïté, est-ce sérieux ou pas ? Pour ma part j'en ai fait une lecture continue. J'ai bien aimé le côté collage / montage, cela donne un objet assez mystérieux. Parmi les nombreuses citations qu'on pourrait faire : "Si on lit intensément quelqu'un, on adopte sa logique. C'est vrai pour les livres et aussi pour les humains.". Le livre m'a vraiment plu."

-       "J'ai trouvé difficile au début d'entrer dans l'univers du livre, mais après on se laisse prendre. Et j'ai adoré la fin, qui m'a ravie."

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Mise à jour le 15/05/2026