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Ouvrage 

Titre:
La longe
Auteur:
Jollien-Fardel (Sarah)
Edition:
Sabine Wespieser
Réunion du:
06.05.2026

Commentaire

la-longe 

Sarah Jollien-Fardel est une écrivaine suisse.

Elle a grandi dans un village du district d’Hérens, dans le Valais. Elle a vécu plusieurs années à Lausanne, avant de se réinstaller dans son canton d’origine avec son mari et ses deux fils. Devenue journaliste à plus de trente ans, elle a écrit pour bon nombre de titres. Elle est aujourd’hui rédactrice en chef du magazine de libraires Aimer lire.

En 2022 est publié son premier roman "Sa préférée", qui reçoit la même année le Prix du Roman Fnac.

En 2025 La Longe reçoit le Prix des Lecteurs Littératures Européennes Cognac -

 

Tous les matins, au réveil, Rose, la narratrice du puissant deuxième roman de Sarah Jollien-Fardel, lutte pour ne pas être assaillie par la réalité crue, dans cette chambre aux parois boisées où elle vit désormais attachée par une longe.

Rose est devenue folle de douleur au moment où, trois ans auparavant, des policiers sont venus lui annoncer la mort de sa petite fille, Anna. Cette douleur, elle n’est pas parvenue à la surmonter, au point de devenir un danger pour elle et pour les autres, au point de demeurer attachée et recluse.

Les souvenirs de Rose vont peu à peu, dans une narration haletante, nous révéler les circonstances de l’accident, et celles de sa propre réclusion.

Mais le jour où Rose, percevant soudain une présence inconnue derrière sa porte close, entend filtrer à travers la paroi des phrases extraites d’un livre de Marguerite Duras, nous, lecteurs, avons l’intuition que la lumière pourrait gagner…

 

-       "L'accident a arrêté le cours d'une vie qui s'annonçait bien, les choses auraient pu se poursuivre. Au-delà de l'histoire j'ai été frappée par l'expression de la douleur d'une mère. Le livre est touchant, et la douleur décrite de façon poignante."

-       "Je suis tout à fait d'accord sur l'expression de la douleur, mais je suis très en désaccord avec la voix derrière la porte, avec cette forme de "résolution " de la douleur. La fin du roman ne marche pas, je n'ai pas adhéré, c'est trop évident."

-       "Je suis d'accord aussi, c'est un beau portrait de femme, mais la thérapie et la fin sont artificielles."

-       "J'ai beaucoup aimé le début, ça se lit très bien, la vie entre les grand-mères, la montagne et la ville, la vie avec Camil, l'arrivée du malheur, tout est très bien rendu. La deuxième partie, par contre, m'a complètement bloquée. La longe et le double bâillon m'ont été insupportables, et à partir de là, par voie de conséquence, tout le reste."

-       "Ce livre parle de la reconstruction psychique d'une femme qui a vécu un évènement douloureux, la mort accidentelle de sa fille Anna. Ce trauma est venu réveiller des souvenirs enfouis qu'elle se remémore.

C'est son mari Camil et une inconnue pour elle, Hélène, qui prennent les traits des soignants. Le parcours de la reconstruction m'a intéressée mais ne m'a pas touchée, il y avait trop de folie à la fois dans la descente aux enfers et la reconstruction décrites comme un tableau réaliste. La fin apaisée et la rencontre avec Hélène mettent une touche de sensibilité délicate.

Ce qui m'a gênée c'est qu'avec une telle folie l'auteure laisse entendre qu'on peut se passer de professionnels de santé. Je souhaite que les lecteurs n'en feront pas une généralité … Camil est dans une place impossible, il doit demander l'intervention d'un tiers (Hélène)."

-       "Il y a des moments de doute quant à savoir si c'était un accident ou un meurtre, si Rose avait l'intention de tuer le garçon. Mais la privation sensorielle et de liberté, la littérature qui soigne, avec les poèmes d'Emily Dickinson et de Charlotte Delbo, ont pour but de faire prendre conscience à Rose de l'universalité de la douleur. Le message de sortie vers l'universel est beau même s'il n'est pas assez appuyé, pas réaliste."

-       "Le livre retrace le chemin de Rose dans les montagnes valaisannes, depuis sa rencontre avec Camil dans le bar de sa grand-mère Eugénie jusqu'à sa rédemption après des mois de douleur et de vie niée par l'accident mortel qui a tué Anna. Ils ne voulaient pas d'enfants, mais Anna est née. 13 ans plus tard elle est écrasée accidentellement mais Rose découvre peu après qu'elle fuyait un gamin de son collège qui la harcelait. Le roman fait le récit de tous ces différents sentiments et émois qu'elle traverse : légèreté, insouciance, connivence, amour, désir, honte, indignité, souffrance, colère, hargne, envie de meurtre, apaisement, dépression. J'ai aussi aimé les lieux, la montagne, ses silences, ses couleurs, la banalité de la beauté à portée de main."

-       "Les références littéraires sont intéressantes, par exemple quand la grand-mère emmène Rose au cimetière, le livre de Rilke "Lettres à un jeune poète" est proposé au personnage et au lecteur. L'écriture est très belle même si le livre n'est pas parfait. Etonnamment le mari semble peu affecté par la mort de sa fille. "Sa préférée", le premier roman de Sarah Jollien-Fardel, est très bien, et mieux équilibré."

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Mise à jour le 15/05/2026